Au rythme où ça va...
AU RYTHME OU CA VA * Il y a de fortes chances pour que dans un futur pas si lointain des historiens,anthropologues et autres sociologues étudient avec le souci du détail qu’on leur connaît ce que fut à la fin du XX e siècle et au début du XXI e siècle la culture club, la révolution « acid house », le mouvement « techno » la génération « électro »…comme on étudie en ce moment les cultures anciennes, les pratiques et civilisations disparues…
Il est clair qu’à ce rythme-là, le puritanisme ambiant, les chantres du cocooning et du « Restez chez vous on s’occupe de tout », tous ces lobbys anti-bruit, anti-clopes, anti-fêtes… vont finir par faire de nos nuits, un vieux souvenir. Certes, Paris et la France plus généralement souffrent énormément du manque de reconnaissance de ce droit à la fête, la comparaison avec nos voisins berlinois, londoniens ou barcelonais fait frémir.
La mobilisation de bon nombre d’acteurs de la nuit et du monde du spectacle autour de l’opération « La nuit meurt en silence » est un des exemples de cette frustration actuelle.
Mais attention à cette vieille maladie française qu’est l’autocritique. Certes les choses ne sont pas simples, et l’on est bien placé au Social Club pour le savoir. Néanmoins on préfère aller de l’avant, refuser l’autoflagellation, la sinistrose… Car Paris bouge et doit continuer à bouger, et l’on ne pense pas que ce soit en prenant une posture de dépit et d’apitoiement permanent que les choses s’amélioreront. La scène musicale française n’a jamais été aussi riche et reconnue à l’international, le « Made in France » qui faisait encore sourire il y a quelques années est devenu un gage de qualité partout dans le monde. Phoenix avance tranquillement vers un disque d’or aux Etats Unis, Charlotte Gainsbourg se paye Beck pour son nouvel album, Koudlam s’est tissé un réseau impressionnant dans la scène arty internationale, de nombreux nu-comers comme Jamaica, The Bewitched Hands ou encore Flairs commencent à faire chauffer la poudre dans les bureaux de presse de New York, Londres ou Tokyo.
Sans parler de la scène électronique, où la France est devenue un gage de qualité artistique, mais aussi de succès commerciaux. On peut certes rire ou ne pas se sentir concerné par le succès d’un David Guetta qui trust les charts US. Mais c’est un fait et pas le moindre, car il ouvrira de nombreuses portes à nos artistes gaulois sur des territoires nouveaux, et imaginer aujourd’hui, un Orgasmic fournisseur de beats pour Lil’Wayne, un Yuksek bosser sur la prod des Kings Of Leons, un M83 bosser avec Sonic Youth… Est-ce vraiment plus débile que si l’on vous avez dit il y a 15 ans que les Daft Punk feront un jour la BO du nouveau TRON ? Alors non, Paris ne s’ennuie pas. Le dancefloor du Social Club est en l’une des preuves évidentes, mais pas que…
Certes les clubs à la berlinoise n’existeront jamais, tant que l’on ne sera pas capable de passer la petite ceinture pour faire la fête, faute d’espace. Les longues nuits barcelonaises non plus, à moins que le réchauffement climatique remonte la température de la capitale de quelques degrés… Mais Paris la nuit, c’est des dizaines de lieux improbables et fournisseurs de qualité artistique et d’esprit de fête : Rex, Point Ephémère, Bellevilloise, Nouveau Casino, Flèche d’or, Scopitone, Showcase, Régine, Bataclan, Batofar… Des dizaines de collectifs à l’image de ceux qui font la richesse artistique de notre club : D.I.R.T.Y, Furie, Booty Call, Young Gunz, Get The Curse, Party Harders, Forma T, Born To Film, Jackin’Town… Il faut certainement être un peu fou pour faire de la publicité pour ses « concurrents » dans son programme. Peut-être. Mais nous sommes intimement convaincus que c’est l’existence de tous nos lieux, de tous ces collectifs, et d’une scène aussi riche qui fait et fera notre succès à tous.
Il serait bien plus fou et irresponsable de persévérer à décrire cette ville comme un lieu d’ennui comme on a pu le lire ici ou ailleurs, et à meilleure réponse à apporter au chantre de la répression, aux réacs, aux gens qui habitent au cœur d’une capitale et qui ne supportent pas le moindre bruit, aux bien-pensants… C’est de continuer de faire de la musique, de continuer à se réunir en « vrai » et pas uniquement à travers de pseudo « réseau sociaux » virtuels, de continuer à danser, de continuer à faire la fête !!!! Pour ce faire (petite minute d’auto-promotion, quand même !), et pour fêter nos 2 ans on vous a concocté 3 soirées un peu… décalées. Trois soirées autour de trois albums mythiques, qui n’ont aucun rapport avec la scène électronique : « Hotel California » des Eagles, « Paranoid » des Black Sabbath et « Psychedelic Jungle » des Cramps. On prévoit donc un concours de roulage de pelles à la « Vic Style », un concours de Head Banging dans la pure tradition du métal scandinave, et un concours de râle «voodogreenfuzzpsycherockab » en hommage à Lux.
Petit détail : l’entrée sera gratuite pour les ultralookés ! On compte donc sur vous pour nous sortir vos plus beaux déguisements de surfeurs californien 70’s, chanteur de Twisted Sister et autres boas, creepers et collants tigres fluo ! ! ! !
Manu Barron
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