Edito de Manu Barron Juillet/Aout
Pendant quelafamille Van Helden, fraîchement débarquée à Malo Les Bains est en train de vérifier avec Mme Busipie, représentante de chez Villa Soleil, qu’il y a bien dans le bac à couverts, douze fourchettes, douze couteaux, douze grandes cuillères et quatorze petites cuillères, (on en met un peu plus parce que ça part facilement à la poubelle, les enfants sont les enfants, hein madame !…) et que Mme Van Helden (Katie de son petit nom) est un peu déconcertée car ce n’est pas le même économe qu’à la maison et qu’elle a peur de se blesser (mais bon ça va, l’aventure c’est l’aventure, hein madame…), l’équipe du Social Club est en train de finaliser les derniers préparatifs pour sa résidence d’été au Plaza Madeleine.
On est bien sûr un peu stress car on a peur des bouchons, même si on a décidé de faire le voyage de nuit, un jour de semaine car bison futé a classé la soirée en orange. C’est plus rassurant, on a quand même 1,5 km en voiture, distance estimée par Mappy : deux minutes.
Reste à gérer le cas d’une personne du staff dont on taira le nom par respect, qui refuse de monter dans le van parce qu’elle est toujours malade en voiture,
surtout à l’arrière et qu’on a beau lui expliquer que deux minutes c’est pas super long et que même si le van est de la marque Citroën, ils ont abandonné
depuis un moment les suspensions hydrauliques qui ont tant marqué les weekend de son enfance dans la GS beige de son papy Dos Santos (la branche
lusitanienne de la famille). Elle décide finalement d’y aller à pied, donc re-mappy, résultat dix-neuf minutes.
Et là, le drame arrive. La question de trop : « mais c’est dix-neuf minutes en talons ou en Kickers ? Parce que moi j’avais pas prévu tout ça, donc
si c’est pour bousiller mes Pierre Hardy, et me retrouver avec des cloques sur la voûte plantaire… ». Un autre membre du crew dont je tairai aussi
le nom (mais ce coup-ci, plus pour le protéger d’éventuelles représailles de la part du fan club de la première, qui a déjà tendance à squatter
le bar des heures juste pour demander un peu plus de glaçons ou savoir ce qu’elle pense du dernier remix de Harvey, et qui pourrait s’avérer un peu
trop chevalier vaillant sur ce coup-là…), donc un autre membre du crew craque et l’assomme avec la mixette qu’on a du louer exprès pour le set
de Claude Von Stroke. Malgré quelques réactions naturelles de la part de certains membres de l’équipe, sur le leitmotiv « c’est pas super cool d’assommer les filles avec une mixette » d’un coté, ou « t’es ouf, tu sais combien elle coûte cette mixette ! ! ! », tout le monde s’accorde à dire que ce qui est fait est fait, et que le mieux c’est de la claquer dans le coffre d’un des trois vans, et de prendre la route, car c’est quand même pas la porte à côté.
Tout le monde s’accorde aussi pour acter que c’est Kadou qui va ouvrir la voie, et que les autres n’ont qu’à suivre. Le premier van se remplit majoritairement d’une partie de l’équipe technique et de l’équipe de sécu, ambiance assez virile.
Thierry passe directement à Kadou, occupé à régler son GPS, une pochette de 200 cd, en lui disant « j’ai préparé ça pour la route, envoie le premier.
J’ai retrouvé un p…. de mix de Derrick May de 94, ambiance Détroit, ma gueule du Lourd ! ». Tout le monde ferme sa gueule, vu que soit c’est le chef, soit il fait vingt-cinq kilos de plus.
Les deux autres vans sont un peu plus foutraques. Dans le premier, ça commence à chanter dans la rue « I’m Ready When You’re », la version remixée par Mehdi du nouvel opus de Brodinski et Yuksek, et dans le deuxième c’est Disco Lover Crew, avec le nouveau mix de Azari & III. Aucune cohésion
musicale dans cette p… d’équipe.
Tout le monde grimpe enfin dans les véhicules, ça chauffe du moteur, et Kadou ouvre donc la marche de cette magnifique chevauchée vers le Plaza Madeleine, qui va donc être le berceau de nos nuits de folies pendant ce bel été 2010…
On quitte la rue du Croissant avec un pincement au coeur, mais tout le monde reste digne. Pas de pleurs. La grande classe.
Et puis l’aventure commence. On entre dans la rue du Sentier où Mozart et Kavinsky ont séjourné à un moment de leur belle et prolifique vie de virtuoses. Il semblerait même que l’un des deux ait eu l’immense joie de voir l’un de ses enfants naître dans l’une des demeures de cette mythique rue. Mais je ne me souviens plus lequel des deux.
Et là soudainement, ça commence à sentir les vacances. Plus vraiment de repères, le fond de l’air qui change, les copains, l’altitude…
Ça grimpe, ça grimpe et on arrive à l’angle du Boulevard Poissonnière. Kadou est très fier d’annoncer qu’il a bossé sur un itinéraire « bis » qui va nous faire éviter tous les péages. Thierry acquiesce de la tête, en signe de soutien, et derrière tout le monde l’imite. C’est beau cet esprit d’équipe, surtout dans les moments difficiles.
Mais hélas c’est toujours dans ces moments de joie et de sérénité que les pépins arrivent : là tout à coup, sans prévenir : le GPS explose littéralement,
en blessant au passage un membre du staff dont on taira le nom une fois de plus, juste par principe ce coup-ci.
L’angoisse. J’entends déjà les esprits critiques, les rois de la route, les privilégiés habitués à ces longs périples estivaux : « gros c.. on ne peut tourner
qu’à gauche et après c’est toujours tout droit sur les Grands Boulevards, faut vraiment être une chèvre pour se planter de route ! »
Facile.
Et puis derrière, ça klaxonne. En regardant dans son rétroviseur, Kadou pense que ce sont les autres qui font les cons, il voit les deux vans bouger dans tous
les sens soit sur le rythme endiablé de la dernière bombasse de Boys Noize, soit sur le suave « Friedrichstrasse » de Martyn. Le problème c’est qu’en fait les 2 vans cachent un panier à salade du commissariat du 2e, qui vient juste d’être appelé sur une intervention…
Kadou se retrouve donc avec les brigadiers Falcon & Braxe à la fenêtre du van : « c’est quoi ce bordel Kadou ? On croyait qu’on serait enfin peinard avec
vous pendant deux mois, et ca fait à peine quarante-cinq secondes que vous êtes partis et vous me mettez le bordel sur la chaussée ! ». Tout penaud Kadou explique la situation aux Brigadiers : long périple / GPS cassé / complètement
perdu… Et là le policier lui assène, une phrase que vous avez déjà lu quelque part si vous suivez bien le récit : « gros c.. on ne peut tourner qu’à gauche
et après c’est toujours tout droit sur les Grands boulevards, faut vraiment être une chèvre pour se planter de route ! » ; mais il rééquilibre le propos,
avec un « bon allez, suivez-nous on fait justement une intervention à Opéra c’est à cinq-cent mètres ! ».
La maréchaussée a donc sauvé ce bel été et a permis à cette magnifique équipe du Social Club de partir pour la première fois en vacances, tout en continuant à vous proposer ses services.
En espérant que le retour rue Montmartre début septembre soit un peu plus tranquille.
Manu Barron
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